Lutter contre les inégalités sociales doit être au cœur des priorités d’une municipalité.
Le projet de loi de finances 2026 va continuer d’aggraver la situation des populations les plus pauvres. Localement, cela aura des conséquences dramatiques pour un certain nombre d’associations de solidarité qui ne pourront plus assurer leurs aides.
Alençon fait face depuis plusieurs années à une réalité sociale préoccupante. Les données statistiques montrent que près de 28 % des habitant·es vivent sous le seuil de pauvreté, soit presque le double de la moyenne nationale. La pauvreté est encore plus marquée dans certains quartiers. A Perseigne, classé quartier prioritaire de la politique de la ville, elle touche près de 58 % des habitant·es.
Une grande majorité des habitant·es les plus pauvres sont des femmes seules qui assument l’éducation de leurs enfants et les charges financières de la famille, freinant ainsi leur accès à l’emploi, à la formation, au logement ou encore à la garde d’enfants.
Ces constats traduisent des conditions de vie difficiles, une fragilisation du lien social et un risque d’enfermement durable dans la précarité pour une partie des Alençonnais·es.
Face à cela, un programme municipal ne peut se contenter d’agir à la marge : il doit faire de la réduction des inégalités et du soutien aux publics vulnérables une priorité centrale.
4.1. RENFORCER L’ACCÈS DES SERVICE PUBLICS ET COMPLÉTER LEUR DÉPLOIEMENT
Le maintien et le renforcement des services publics sont essentiels pour les populations les plus défavorisées. Il est donc indispensable de densifier leur maillage. Leur présence de proximité est déterminante pour les ménages les plus fragiles, qui dépendent davantage d’un accès simple, lisible et humain aux services essentiels. Le droit au logement, le droit à une alimentation de qualité etc… le droit à vivre dignement doivent être garantis sur notre territoire.
4.1.1. SOUTENIR LE DÉVELOPPEMENT DES SERVICES PUBLICS
-Développer un réseau de guichets uniques de proximité dans l’ensemble des quartiers pour l’accès aux droits et à des espaces de solidarité en renforçant les équipes municipales dédiées et leur formation
– Reprendre la gestion de la restauration collective en régie, en commençant par les établissements publics : crèches et résidences pour personnes âgées
-Renforcer le rôle du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) dans ses missions de pilotage et de coordination de la politique sociale municipale. Faire évoluer ses missions, en articulation avec les collectivités territoriales (Conseil Départemental) et l’État.
4.1.2. DÉVELOPPER DES AIDES A PARTIR DES DIAGNOSTICS EXISTANTS ET DE DIAGNOSTICS COMPLÉMENTAIRES
– Construire et expérimenter une Sécurité Sociale Alimentaire (SSA) à l’échelle du territoire. A cette fin et à titre d’expérimentation, des mesures concrètes seront élaborées par la Ville et/ou la Communauté Urbaine et l’ensemble des acteur·trices de la solidarité locale (associations caritatives, CCAS, épiceries sociales et solidaires, centres socioculturels, producteur·trices locaux·ales, structures d’insertion, réseau santé…)
– Expérimenter un Revenu Municipal Garanti permettant de compléter les revenus des ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté, couvrant ainsi les besoins essentiels et prévenant les situations de grande pauvreté
– Expérimenter une mutuelle municipale pour les personnes résidant ou travaillant sur le territoire de la commune
– Créer une carte famille monoparentale donnant des accès spécifiques à des droits (crèches, logement, centres de santé municipaux…), des temps libérés – avec gratuité ou tarifs préférentiels – et des accompagnements personnels ou tournés vers les enfants
-Créer ou contribuer à créer un service local funéraire moins cher pour les familles avec un accompagnement adapté et créer une salle d’accueil communale à usage gratuit pour les cérémonies de sépultures civiles adaptées et à proximité des cimetières
4.2. RENDRE ACCESSIBLES LES DROITS FONDAMENTAUX
4.2.1. Se nourrir
Face à la hausse du coût de la vie, aux inégalités croissantes et aux défis environnementaux, les collectivités locales jouent un rôle déterminant pour construire des systèmes alimentaires plus justes, plus durables et plus solidaires. Il faut veiller à ce que chaque habitant·e puisse se nourrir dignement et qu’aucun·e ne reste sans solution. Ces actions seront mises en place dans le cadre de la Sécurité Sociale Alimentaire.
– Soutenir et développer les épiceries sociales et solidaires par des subventions, la mise à disposition de locaux ou la participation à l’achat de denrées alimentaires en favorisant les projets prenant en compte la diversité des publics (grande précarité, étudiants, sans-papiers…) et incluant des dimensions pédagogiques (ex : atelier culinaire)
– Proposer, en lien avec les associations, des dispositifs de soutien à l’achat dans des réseaux solidaires et de qualité destinés aux familles les plus modestes, les jeunes et les personnes âgées. L’utilisation d’une monnaie locale est à envisager pour favoriser l’autonomie et la dignité
– Mettre en place la gratuité immédiate des cantines (scolaires et celles des travailleurs) pour les familles en dessous du seuil de pauvreté et renforcer la progressivité des tarifs en faveur des petits revenus
– Servir dans les cantines des repas avec des produits locaux de qualité et bio, un choix végétarien à chaque repas et une végétalisation (sans produit animal) d’au moins un repas dans la semaine. Ces évolutions imposent une formation des personnels
4.2.2. Se loger
Plus d’un quart de la dépense de consommation finale des familles est allouée au service du logement. Il s’agit du premier poste de dépenses, toujours en croissance, loin devant l’alimentation ou les transports. Ce sont des dépenses qui pèsent davantage sur le budget des ménages les plus modestes. Les représentant·es de la commune font partie des conseils d’administration des offices logeurs et à ce titre, ils doivent défendre une politique de construction des logements publics afin de réduire les inégalités et de pallier le manque de logements pour certaines catégories de population et favoriser la mixité sociale au sein de la Communauté Urbaine.
– Intégrer au guichet unique des quartiers une permanence d’information et d’accompagnement des locataires, en lien avec les associations de défense des locataires
– Développer des logements sociaux en assurant la mixité sociale et en veillant à la transparence de leur attribution
– Agir auprès des partenaires pour mettre à disposition des bâtiments pour accueillir des hébergements d’urgence pour les personnes sans abri -Impulser et accompagner les projets d’habitat coopératif, partagé et participatif
– Prendre des arrêtés municipaux d’interdiction des expulsions, des coupures d’énergies
– Contribuer à la lutte contre les « marchands de sommeil » en mettant en œuvre le « permis de louer » (autorisation préalable de mise en location) en s’associant avec les autorités compétentes et associations de locataires
– Lutter si besoin, contre les abus des plateformes de location comme Airbnb et les encadrer de manière plus stricte si nécessaire
4.2.3. Se soigner
– Ouvrir un second centre de santé municipal réunissant en un même lieu les professionnels et services publics et associatifs (Protection Maternelle Infantile, planning familial, médecins, infirmier·es, gériatrie et associations…). Il mènera des actions de prévention (alimentation, sexualité, contraception, Maladie Sexuellement Transmissible, violence…) et garantira l’accès aux soins pour toutes et tous, y compris les personnes sans ressources ou sans papiers. Il assurera également la prise en charge des problématiques spécifiques des femmes
– Créer un Conseil Local de Santé Mentale (CLSM) qui aura notamment pour mission l’élaboration de programmes de logements passerelles et inclusifs ciblés pour les personnes en souffrance psychique
4.2.4. S’insérer dans la société
– Soutenir les démarches collectives et participatives des collectifs de chômeur·euses et de précaires
4.3. PRENDRE SOIN DE L’ENFANCE ET DE LA JEUNESSE
Sur l’arrondissement d’Alençon, le taux de pauvreté est estimé à 24,6% parmi les moins de 30 ans. Il est nécessaire de construire une politique de la jeunesse ambitieuse avec les jeunes de tous les quartiers pour combattre les inégalités et donner des perspectives. Cette politique doit prévoir des actions d’accompagnement à la parentalité.
– Renforcer le service public local de la petite enfance en proposant des modes d’accueil diversifiés (horaires atypiques) à taille humaine et adaptés à toustes (crèches, multi-accueils, lieux d’accueil enfants-parents, Maison Verte, Relais Assistantes Maternelles…)
– Élaborer avec et pour la jeunesse une politique qui mette en synergie les actions menées par le service jeunesse, les associations, les centres socioculturels et permette aux jeunes de construire des projets visant le bien commun, dans un cadre de mixité sociale
4.4. PRENDRE SOIN DE NOS AÎNÉ·ES ET BIEN VIEILLIR
Certain·es seniors sont actifs mais d’autres seniors sont très isolé·es, en raison de difficultés sociales, financières ou de santé. Il faut donc inventer des formes de vie commune, organiser l’entraide entre les générations afin de permettre aux personnes âgé·es de garder une place active dans la société.
– Soutenir les projets de logement partagé adaptés pour les seniors
– Mettre en place des structures d’accueil 3ème et 4ème âges, tels les Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), les résidences personnes âgées à des tarifs abordables (structures d’accueil, logement partagé adapté, service de maintien à domicile, service d’aide aux aidants…) en favorisant le lien inter-générationnel
– Favoriser le lien inter-générationnel en facilitant la mise en relation des personnes âgées avec les associations de soutien scolaire, lien social dans les quartiers, animation événementielle, visites à domicile, etc
