Axe 5 : Une ville égalitaire en lutte contre les discriminations

La société capitaliste s’appuie sur un ensemble de systèmes d’oppressions, s’articulant entre eux, pour maintenir la domination d’une classe sur l’ensemble du corps social.

Ces systèmes diffusent dans l’intégralité de la société (à travers les âges, les classes sociales, les catégories socioprofessionnelles, les territoires, les médias et la culture…). Ils frappent une majorité de l’humanité en les assignant à des constructions sociales : les femmes, les enfants, les personnes racisées, les personnes LGBTI+, les personnes handicapées les personnes victimes d’islamophobie, les personnes victimes d’antisémitisme et de toutes discriminations religieuses,… Ils créent des critères de vulnérabilité qui exposent les individu·es à des violences, qui entretiennent la précarité et les excluent. Ces violences discriminatoires ont un coût important pour la société et les collectivités puisqu’elles impactent la santé des personnes concernées, leur accès au travail, au logement etc.

Afin de garantir l’accès aux droits et la construction d’une société juste et égalitaire, traiter les violences ne suffit pas : il nous faut des outils de prévention, des structures d’accompagnement des victimes et de prise en charge des agresseurs. La priorité politique est la déconstruction de ces systèmes d’oppressions y compris à l’échelle communale.

5.1. UNE POLITIQUE MUNICIPALE DE LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS

5.1.1. Un CCAS aux missions augmentées et renforcées

Retravailler les missions du CCAS en développant les actions dédiées aux luttes contre les discriminations. Le CCAS doit avoir les moyens d’agir comme un service de solidarité active par un renforcement et la formation de son personnel, en cogestion avec les associations expertes, un budget prioritaire et le renforcement de la délégation à la lutte contre les discriminations.

– Soutenir et développer l’action et la prévention pour les droits humains autour des droits des femmes, de la lutte contre les LGBTIphobies, contre le racisme et la xénophobie et contre le validisme

– S’appuyer sur les dispositifs et associations existants pour créer des espaces d’accueil, éventuellement mobiles, offrant un accompagnement gratuit et juridique aux victimes

– Mener des campagnes d’information et de sensibilisation dans l’espace public

– Former par des associations expertes des droits humains (Le planning familial, Orn’enciel, Cimade…) l’ensemble des agent·es municipaux à la prévention, à l’accueil des personnes victimes de discriminations et à l’égalité femmes-hommes, incluant la prévention des violences sexistes et sexuelles, du harcèlement, du racisme, des LGBTIphobies et du validisme

5.1.2. Une municipalité en soutien des victimes

– Se constituer (le ou la maire) en partie civile pour soutenir toute victime de violences ou de discriminations au sein de la municipalité.

5.2. Droit des femmes : combattre les Violences Sexistes et Sexuelles (VSS)

5.2.1. Combattre les VSS : de la prévention à l’accompagnement des victimes

– Accompagner, renforcer le financement pour les associations féministes (le Planning familial…) et les associer aux campagnes d’information via les outils de communication de la ville

– Soutenir les plans de lutte contre le harcèlement sexuel au travail, en lien avec les organisations syndicales de la collectivité

– Développer et soutenir un lieu d’accueil d’urgence pour les femmes victimes de violence, avec ou sans enfants, et augmenter les hébergements ainsi que l’accompagnement pour les femmes victimes de violences (conjugales, prostitution subie)

– Développer des marches exploratoires sous le prisme du genre pour aménager un environnement urbain favorable aux femmes (éclairage public, mobilier urbain, etc.)

5.2.2. Dégenrer la ville

– Féminiser la ville dans le nommage des espaces et bâtiments publics

– Financer les projets repensant l’aménagement des cours de récréation comme des espaces non genrés dans les écoles

– Modifier les pictogrammes des espaces publics qui véhiculent des stéréotypes de genre (toilettes, espaces « change bébé ») et installer des tables à langer dans toutes les toilettes

5.3. Combattre les LGBTIphobies

5.3.1. Combattre les LGBTIphobies : de la prévention à l’accompagnement des victimes

– Penser la formation de tous les professionnels accueillant des publics au sein des services municipaux, sur l’éducation à la vie affective et sexuelle intégrant les questions de genre et les personnes LGBTI, co-construite avec les associations expertes

– Former les personnels de la police municipale aux problématiques liées à l’accueil des personnes LGBTI+, afin qu’ils connaissent les critères de discrimination (orientation sexuelle, identité de genre, état de santé) et les nouveaux délais de prescription. Prêter une attention particulière à la situation des personnes trans et à leur état civil

– Créer, développer ou soutenir un lieu d’accueil pour les personnes (notamment mineures) en rupture familiale du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Mener des campagnes contre les LGBTIphobies

5.3.2. Faire de la ville d’Alençon une ville inclusive par la visibilisation des vécues LGBTI+

– Soutenir activement les Marches des Fiertés comme événements de visibilité, de revendication et de célébration des droits LGBTI+, en collaboration avec les associations locales, en facilitant leur organisation logistique, en garantissant leur sécurité et en y participant institutionnellement de manière visible (expositions, conférences, projections, ateliers, sauvegarde et valorisation des productions culturelles et militantes LGBTI passées et présentes)

– Créer une délégation (avec un·e adjoint·e) aux droits des LGBTI+

5.4. COMBATTRE LE RACISME ET LA XÉNOPHOBIE

5.4.1. Faire d’Alençon une ville d’accueil

– Agir auprès des partenaires pour mettre à disposition des bâtiments pour accueillir des hébergements d’urgence pour migrant·es et assurer un accueil permanent de toutes les personnes sans condition de titre de séjour qui le souhaitent pour qu’elles puissent se reposer et recréer une vie collective en attendant la stabilisation de leur situation

– Lancer une réflexion au sein de la Communauté Urbaine, avec les personnes concernées sur les zones d’accueil pour les « gens du voyage » pour améliorer les conditions de stationnement et de vie – Soutenir des actions de solidarité et des activités coconstruites avec les personnes migrantes (cours de français, cuisines participatives, etc.) par le prêt de locaux ou un soutien financier

– Soutenir le recrutement des interprètes pour améliorer l’accès aux droits en partenariat avec les associations de solidarité

5.4.2. Construire une culture de la solidarité

– Soutenir, accompagner les associations qui défendent les droits humains notamment les migrants non pris en charge par l’État (Cimade, Réseau Éducation Sans Frontières, Rayon de soleil,…),et associer à leurs actions le CCAS et les services de la collectivité (mise à disposition d’espace, financement, coordination…)

– Développer les actions de mise en lumière de la mémoire coloniale et de l’histoire de l’immigration (aux Archives municipales, au musée des Beaux-Arts et de la Dentelle, dans la programmation culturelle de la Ville…)

5.4.3. Inscrire l’engagement politique de la ville à l’échelle internationale

– S’engager dans des actions de plaidoyer et de solidarité internationale en participant à des réseaux comme l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants (ANVITA)

– Promouvoir des jumelages avec des communes du monde entier pour soutenir les peuples opprimés, commencer par un jumelage d’Alençon avec une ville palestinienne, et faire voter par le conseil municipal une motion en soutien aux peuples opprimés

5.5. Lutter contre le validisme et le manque d’accessibilité

5.5.1. Créer des commissions locales représentatives pour penser les questions d’accès, de mobilités… avec et par les personnes et les associations

– Créer “un bureau” représentatif, constitué de personnes handicapées représentantes d’elles-mêmes ou de structures (Etablissements et Services d’Accompagnement par le Travail, Foyers…) qui sera une instance ressource dans l’élaboration des politiques locales d’inclusion

– Réaliser l’objectif de « zéro lieu inaccessible » (écoles, lieux et transports publics, etc.) et prioriser l’accès des personnes handicapées ou à mobilités réduites dans les logements, les transports et les services publics, notamment par l’installation d’ascenseurs ou de rampes, équipements utiles à toutes et tous (femmes enceintes, poussettes, personnes âgées)

– Développer et engager les aménagements d’accessibilité nécessaires dès que besoin pour accueillir tous les enfants et tous les personnels dans les lieux éducatifs et collectifs

5.5.2 Assurer l’accueil des personnes en situation de handicap dès la petite enfance

– Rendre accessible l’accueil de tous les enfants dans les crèches publiques, Centre de Loisirs Sans Hébergement (CH), etc

– Soutenir ou créer des postes de professionnel·les pouvant accompagner l’enfant entre ses différents moments de vie : quotidienne, collective et familiale

5.5.3 Favoriser les bourses à matériel médical (fauteuils roulants, planches de transfert, etc.) ainsi que les ateliers de réparation, d’adaptation et d’aménagement (ergonomie)